Mou. Sissoko, à toute vitesse
Il n'est ni un surdoué façon Hatem Ben Arfa, ni un modèle absolu de précocité de type Theo Walcott. Mais la carrière de Moussa Sissoko, le seul bizut retenu par Raymond Domenech pour Iles Féroé - France, a elle aussi oublié de prendre son temps. Le garçon, même pas vingt ans, ne manque pas d'ambition. A terme, il voit très, très haut. Mais toute sa vie de footballeur a pour l'instant été rythmée par les heureuses surprises. Signer son premier contrat pro en 2007 à Toulouse, il sentait que c'était dans ses cordes. Mais débuter contre Lyon dès la 2e journée de L1 (1-0), à même pas dix-huit ans, et enchaîner par un tour préliminaire de Ligue des champions contre Liverpool (0-1), ce n'était pas dans ses plans. «Je ne pensais pas que ça irait aussi vite, nous disait-il la saison dernière. Je m'attendais à ce que ce soit difficile, mais je m'étais préparé. J'ai pris confiance pendant la préparation et je me suis libéré sur le terrain.»
« Coach, vous blaguez »
Même surprise quand Erick Mombaerts le convoque en équipe de France Espoirs, en septembre 2008 contre Malte (5-0) et la Bosnie (0-1). «Les Espoirs étaient mon objectif, mais je ne pensais pas y aller si tôt.» Né en 1989, Moussa Sissoko est surclassé parmi les 1987-1988. Il sera le seul ''jeunot'' à être titularisé lors du cruel barrage contre l'Allemagne (1-1, 0-1). Au festival Espoirs de Toulon et en L1, il en fait suffisamment pour griller une étape supplémentaire... Sissoko se trouve à Toulouse, ce lundi soir d'août, lorsqu'il reçoit un coup de fil de son entraîneur, Alain Casanova. «Bravo Moussa, je crois que tu as été retenu en équipe de France». «Coach, vous blaguez, arrêtez.» «Eh, tu me prends pour M'Bengue ?Quand je dis un truc, c'est vrai.» Bientôt les SMS affluent et Sissoko se rend à l'évidence. Une convocation en A, il y pensait la veille au soir, avec des proches, sans se prendre au sérieux. Et pour cause : Toulouse lui avait caché sa pré-convocation.
Depuis le début de l'été, son nom figurait plutôt à la page transferts. Suivi par Liverpool depuis ce fameux match de C1, par Everton aussi, Tottenham s'est dit prêt, il y a quelques jours à offrir 14 millions d'euros pour le débaucher dès cet été. Olivier Sadran, comme pour Gignac, a fait savoir que le fax était sans objet. L'été prochain, ce sera peut-être plus dur à dire. «Pourquoi pas jouer dans les grands clubs un jour ?» nous confiait Sissoko quand il était encore en Espoirs. «C'est le but, mais j'ai 19 ans (NDLR : il en aura 20 ce dimanche). J'ai le temps de travailler pour un jour être prêt. Mon rêve ? Arsenal, Manchester ou le Real Madrid. Plus vers l'Angleterre, c'est le style de jeu qui me correspond le mieux.» «C'est un jeune qui est posé dans sa tête», nous confiait André-Pierre Gignac sur son partenaire, ce fameux lundi soir. Arrivé aux portes du très haut niveau, Sissoko va en avoir bien besoin.
Repéré en région parisienne à l'Espérance aulnésienne et au Red Star, Moussa Sissoko a choisi d'aller à Toulouse en 2002, alors que le PSG était aussi sur les rangs. Milieu défensif puissant, axial, il beaucoup joué sur le côté droit lors de sa première saison en L1, « pour avoir des matches dans les jambes » dit-il. Reconnu pour sa faculté à se projeter vers l'avant et à prendre les intervalles, il reconnaît avoir encore besoin de « travailler défensivement ». Elie Baup, qui l'a lancé en L1 : «Quand je l'ai pris, il n'avait joué que quelques matches en CFA et il a progressé à vitesse ''grand V''. Il a une verticalité de jeu énorme, une grande capacité à récupérer le ballon dans les duels, au sol ou dans le jeu aérien et à se projeter vers l'avant».
(Source : l'équipe)
